Les arcanes mineurs sont les 56 cartes de couleur du Tarot de Marseille. Elles se répartissent en quatre enseignes d’origine italienne, les Deniers, les Coupes, les Épées et les Bâtons, de quatorze cartes chacune : dix cartes numérales, de l’As au 10, puis quatre figures, le Valet, le Cavalier, la Reine et le Roi. Cette structure est déjà celle des jeux italiens du XVe siècle. Le rapprochement avec le jeu français reste débattu : Épées et Piques, Coupes et Cœurs sont les paires les plus admises, tandis que Bâtons et Deniers vont aux Trèfles ou aux Carreaux selon les approches.

Les cartes numérales du Marseille ne montrent pas de scène, hors les As d’Épées et de Bâtons. On y voit les enseignes disposées en géométrie, entre des motifs végétaux : des pièces reliées par des tiges fleuries, des coupes alignées, des lames courbes entrelacées, des bâtons croisés. Les scènes que beaucoup de lecteurs ont en tête, comme le cœur transpercé du 3 d’Épées, viennent du Rider-Waite-Smith, publié en 1909 ; les décrire comme des cartes de Marseille serait une erreur.

Faute de scène, la lecture moderne combine trois indices : le nombre, l’enseigne et les détails du dessin. Paul Marteau applique cette méthode aux quarante cartes numérales en 1949 ; Alejandro Jodorowsky et Marianne Costa en proposent une autre version en 2004. Ces lectures sont des conventions, pas un sens historique fixé. Il en va de même des éléments : dans la correspondance la plus courante, les Bâtons répondent au Feu, les Coupes à l’Eau, les Épées à l’Air et les Deniers à la Terre, mais certains auteurs échangent Bâtons et Épées.

La table ci-dessous présente les quatorze cartes de chaque couleur. Les 22 atouts ont leur rubrique, les arcanes majeurs.