Les arcanes majeurs sont les 22 atouts du Tarot de Marseille : 21 cartes numérotées de I à XXI, et Le Mat, qui n’a pas de numéro. Dans le jeu de cartes d’origine, les atouts l’emportaient sur les quatre couleurs ; Le Mat, lui, servait d’Excuse. Les mots « arcane » et « lame » sont venus plus tard : Paul Christian les introduit en 1863, quand le tarot est déjà devenu un support de lecture symbolique.
Le modèle de Marseille a ses propres conventions, que les pages inspirées du Rider-Waite-Smith passent souvent sous silence. Les numéros s’écrivent en chiffres romains additifs : IIII pour 4, VIIII pour 9, XIIII pour 14, XVIIII pour 19. Les titres, inscrits dans un cartouche au bas de la carte, gardent souvent des graphies anciennes, où le V tient lieu de U, comme dans « LEMPEREVR ». La lame XIII ne porte pas de titre dans la plupart des éditions, d’où son nom d’usage, l’Arcane sans nom. La Justice occupe la place VIII et La Force la place XI ; l’ordre anglais les inverse depuis la Golden Dawn, à la fin des années 1880. La place du Mat, enfin, relève d’une convention d’auteur : 0 chez Waite, 22 chez d’autres, et aucun numéro sur la carte elle-même.
La table ci-dessous suit l’ordre des numéros, Le Mat en tête. Chaque page reproduit la carte d’après le Tarot de Marseille de Claude Burdel (1751), du domaine public, tirée en trame ; ses détails sont agrandis, numérotés et accompagnés de ce que la tradition y lit. Une lecture reste une interprétation : la carte éclaire une question, elle ne la tranche pas. Les 56 cartes des quatre couleurs ont leur propre rubrique, les arcanes mineurs.























































































