Les Coupes en bref
Comme les trois autres couleurs du jeu, les Coupes viennent des enseignes italiennes : coppe en italien, Cups dans le Rider-Waite-Smith. Dans le jeu de cartes français, on les rapproche des Cœurs, et c’est le rapprochement le plus admis. Quant aux éléments, la correspondance la plus courante, une convention de l’occultisme du XIXe siècle, leur donne l’Eau.
Le domaine que l’usage leur attribue dépasse l’amour : sentiments, relations, mais aussi imagination et vie intérieure. La lecture qui fait des Coupes la couleur du clergé, face à la noblesse des Épées et aux marchands des Deniers, est tardive, et rien ne la rattache aux cartiers.
Faute de scène sur les cartes numérales, on lit le nombre de coupes, la couleur elle-même et le dessin. Cette façon de faire, mise en œuvre par Paul Marteau en 1949 puis, autrement, par Alejandro Jodorowsky et Marianne Costa en 2004, ne remonte pas aux fabricants du jeu : les pistes ci-dessous sont des conventions modernes, à confronter à votre question. Les trois autres couleurs ont leur place dans la rubrique des arcanes mineurs.
L’As de Coupes, une coupe en forme d’édifice
L’As de Coupes ne ressemble à aucune autre carte de sa couleur. Du 2 au 10, les coupes se répartissent en symétrie, entre des motifs végétaux ; l’As n’en porte qu’une, si grande qu’elle occupe la carte, et construite comme un bâtiment plutôt que comme un objet de table.
Cette architecture rappelle une image plus ancienne, venue de Milan. Parmi les cartes peintes dites Visconti-Sforza, que l’on attribue le plus souvent à l’atelier de Bonifacio Bembo, la carte du Monde montre une cité ; la Morgan Library, qui en garde une partie, les date de 1450 à 1480. La coupe-édifice du Marseille fait penser à cette cité. Le rapprochement reste visuel, sans filiation prouvée : près de deux siècles séparent ces cartes milanaises, dont aucun jeu complet ne survit, des plus anciens tarots de Marseille conservés, celui de Philippe Vachier (Marseille, daté de 1639) et celui de Jean Noblet (Paris, vers 1650-1659).
Il donne pourtant une idée de lecture. Le Monde, arcane XXI, est l’atout le plus fort du jeu, et la tradition y lit l’accomplissement ; l’As de Coupes est la toute première carte de sa couleur. Entre les deux, la cité passe du sommet du jeu à son commencement. La rédaction y voit une façon de comprendre l’As : moins comme une émotion fugace que comme un lieu où quelque chose peut s’installer. Une coupe reçoit ; un édifice abrite. La piste la plus courante, l’ouverture du cœur et le sentiment naissant, prend alors un relief particulier : la carte questionne la place que l’on est prêt à faire à un sentiment qui commence.
De l’As au 10 de Coupes
On compte les coupes, puis on applique le thème du nombre à la couleur des liens. Chaque piste décrit une dynamique affective, pas les intentions d’une personne.
As de Coupes
L’As de Coupes est la carte du sentiment qui naît. Sa coupe-édifice a été décrite plus haut ; reste le nombre. Germe de chaque couleur, l’As est ici un germe affectif : une ouverture du cœur, un attachement qui commence, une émotion que l’on n’attendait pas.
La carte ne se limite pas au couple. Elle peut décrire une amitié qui se noue, l’attachement à un lieu ou à une activité, le plaisir retrouvé après une période sèche. Elle ne dit pas que ce sentiment est partagé, ni qu’il durera : elle met en avant sa présence et la question de ce qu’on en fait. À une place de conseil, l’As de Coupes suggère de laisser une émotion exister avant de la juger. À une place d’obstacle, il peut signaler l’inverse, une ouverture si large qu’elle laisse tout entrer, y compris ce qui ne vous fait pas de bien.
2 de Coupes
Le 2 de Coupes est la carte de la rencontre et de l’attirance réciproque. Deux coupes s’y répondent, de part et d’autre de l’axe de la carte. C’est aussi, avec le Deux de Deniers, la carte où le cartier signe souvent son jeu, ici dans un cartouche.
Nombre de la dualité et de la rencontre, le 2 met ici deux sensibilités face à face. Dans la piste courante, le mot « réciproque » demande de la prudence : la carte décrit une dynamique de lien, elle ne lit pas dans le cœur de l’autre. Dans un tirage sur une relation, le 2 de Coupes met en avant ce qui circule entre deux personnes, l’échange, la reconnaissance mutuelle. Il peut aussi parler d’une amitié ou d’une collaboration où l’on s’entend bien. Sa question porte sur vous : qu’apportez-vous à ce lien, et qu’en recevez-vous ?
3 de Coupes
Avec le 3 de Coupes, la joie s’exprime. Le 3 est le premier fruit, l’élan spontané : après la rencontre du 2, quelque chose naît du lien et se montre.
On y lit aussi l’enthousiasme affectif. C’est une carte d’expression plus que de profondeur : on dit son affection, on la partage, on la fête. Elle convient aux questions sur une amitié, une famille, un groupe où l’on se sent bien ; elle montre la vitalité d’un lien, pas sa solidité. Si l’on cherche un revers, il tient à cet élan même : un enthousiasme qui se dit vite n’a pas encore été mis à l’épreuve. La carte invite surtout à reconnaître dès maintenant ce qui vous réjouit dans la situation, sans attendre qu’elle soit parfaite.
4 de Coupes
Le 4 de Coupes parle de stabilité affective. Nombre du cadre et de la sécurité, le 4 devient ici le foyer, le lien qui tient, l’habitude qui rassure.
Son côté ombre, dans la lecture courante, est la routine. Les deux lectures se tiennent, car ce qui rassure peut aussi endormir. Dans un tirage, le 4 de Coupes peut décrire une relation installée, une amitié de longue date, un équilibre familial, ou le besoin d’un tel cadre chez quelqu’un qui en manque. Il pose une question utile quand la situation semble figée : ce cadre vous protège-t-il encore, ou vous empêche-t-il de bouger ? La carte ne dit pas qu’une relation s’use. Elle invite à regarder ce que l’on entretient, et ce que l’on tient pour acquis.
5 de Coupes
Le 5 de Coupes divise les auteurs. Tous partent pourtant du même nombre : le 5 ouvre le cadre du 4, avec sa tension féconde et son nouvel idéal.
Une partie des auteurs y lit un nouvel idéal affectif : le désir d’autre chose, un sentiment qui dépasse les habitudes, l’envie de vivre ses liens autrement. D’autres y voient une déception passagère, l’écart entre ce qu’on espérait et ce qui est. Les deux lectures parlent au fond du même moment, celui où le foyer du 4 ne suffit plus. Selon les cartes voisines, on penchera vers l’élan ou vers la désillusion. Dans un tirage centré sur un couple, la carte peut aussi parler d’un désir qui ne concerne pas l’autre : un besoin d’espace, d’amitiés, de projets à soi. Dans les deux cas, la carte n’annonce pas de rupture. Elle met en avant un décalage entre l’idéal et la réalité, et demande lequel des deux mérite d’être revu.
6 de Coupes
Le 6 de Coupes est la carte de l’harmonie et du plaisir partagé. Nombre de la beauté et de l’accord, le 6 donne avec les Coupes des liens où l’on se fait du bien.
Là où le 5 cherchait un nouvel idéal, le 6 trouve un accord, souvent simple : un bon moment ensemble, un goût commun, une tendresse sans enjeu. Dans une question sur un couple, il met en avant ce qui fonctionne déjà, plutôt que ce qui manque. Hors de l’amour, il peut décrire le plaisir de créer, de recevoir, de partager une activité. Rien n’oblige à chercher plus loin : le 6 de Coupes invite à reconnaître la valeur de ce qui est agréable, sans le réduire à une étape vers autre chose.
7 de Coupes
Le 7 de Coupes tourne l’affection vers les autres. Avec le 7, nombre de l’effort et du mouvement, les sentiments sortent du cercle intime pour aller au dehors.
La piste courante y joint la générosité et l’imagination. La générosité en est la part la plus claire : donner de son temps, de son attention, de sa chaleur à un cercle plus large. L’imagination ouvre une autre porte, celle des projets rêvés et des liens que l’on se représente. Ce double sens fait sa difficulté. Le contexte aide à savoir si le 7 de Coupes décrit un élan vers autrui ou une vie affective qui se joue surtout en pensée. À se demander devant cette carte : ce que vous donnez, le donnez-vous à des personnes réelles, ou à l’idée que vous vous en faites ?
8 de Coupes
Le 8 de Coupes est la carte de la plénitude affective. Appliqué à la vie affective, le nombre de l’équilibre et de la perfection donne un cœur rempli.
La carte décrit un moment où l’on se sent comblé, où les liens nourrissent au lieu de demander. C’est l’une des cartes les plus sereines de la couleur. Elle ne promet pas que cet état durera ; elle invite à le reconnaître pendant qu’il est là. Dans un tirage difficile, un 8 de Coupes rappelle les ressources affectives sur lesquelles s’appuyer : des personnes, des lieux, des activités qui remplissent. Entourée de cartes de manque, elle montre que les deux états coexistent : un lien peut combler pendant qu’un autre déçoit. La plénitude se remarque moins que le manque, et mérite pourtant d’être nommée.
9 de Coupes
Le 9 de Coupes est la carte de la satisfaction et de la sérénité émotionnelle. Le 9 est le nombre du bilan et de la maturité ; ici, le bilan affectif d’une période, plutôt heureux.
Après la plénitude du 8, le 9 prend du recul : on regarde ce qu’on a vécu et l’on s’en trouve bien. La carte décrit une paix intérieure plus qu’une exaltation, parfois une transition sans heurt, quand un chapitre arrive à maturité. Comparé au 9 d’Épées, qui inquiète tant de lecteurs, le 9 de Coupes montre que le nombre ne suffit pas : le même rang du bilan donne, selon la couleur, une crise de pensée ou une sérénité. Devant cette carte, on peut se demander ce qui, dans sa vie affective, mérite d’être reconnu comme acquis.
10 de Coupes
Le 10 de Coupes réunit l’accomplissement affectif et le passage à une autre étape. Dernier nombre de la série, le 10 achève un cycle et en ouvre un autre.
Les deux idées vont ensemble : ce qui est accompli appelle une suite. Dans une question sur une relation, le 10 de Coupes peut décrire un lien qui a trouvé sa forme pleine et qui demande à évoluer, un projet commun, une nouvelle façon de vivre ensemble, une amitié qui devient autre chose. La carte parle de la forme d’un lien, pas de sa durée. Elle ne promet pas le bonheur et ne dit rien de ce que souhaite l’autre ; elle invite à regarder ce qui a été construit, et ce que l’on veut en faire.
Valet, Cavalier, Reine et Roi de Coupes
Chaque figure de Coupes porte une coupe ; le Valet est debout, le Cavalier en selle, la Reine et le Roi assis. Le rang fournit le thème, la couleur le transpose dans la vie affective. Une figure peut évoquer quelqu’un de votre entourage sans permettre de deviner ce que cette personne ressent ; le plus souvent, elle décrit une manière d’aimer que vous pouvez reconnaître en vous.
Valet de Coupes
Le Valet de Coupes est la figure des premiers émois et de l’offre affective. Détail rare : sur l’exemplaire du modèle Conver conservé au musée de Vendôme, réimprimé vers 1795, la carte ne porte aucun titre, comme l’Arcane XIII dans la plupart des éditions.
Le Valet ouvre la suite des figures avec l’apprentissage et le message ; avec les Coupes, on y lit la timidité, les premiers émois, l’offre affective. C’est l’affection qui commence et ne sait pas encore se dire : un sentiment qu’on n’ose pas avouer, une invitation faite à demi-mot, une amitié qui hésite. La carte peut aussi désigner un message d’ordre affectif. Elle n’annonce pas de déclaration. Elle invite plutôt à remarquer ce qui, dans la situation, se présente timidement et risque de passer inaperçu, chez vous comme chez les autres.
Cavalier de Coupes
Le Cavalier de Coupes porte le sentiment vers l’autre. Son rang dit le mouvement et la transmission : il apporte quelque chose à quelqu’un, ici une coupe.
Déclaration, invitation : là où le Valet hésite, le Cavalier fait le pas. Il tend sa coupe, propose, exprime. Dans un tirage sur une relation, il met en avant le moment de dire ou de proposer, et la manière de le faire, car un geste offert laisse à l’autre la liberté de le recevoir ou non. La carte ne promet aucune réponse favorable. Elle peut aussi parler d’un élan vers un projet qui tient à cœur, ou d’une réconciliation tentée. Face à elle, on peut se demander ce que l’on attend en retour de ce que l’on offre.
Reine de Coupes
La Reine de Coupes est la figure de l’écoute et de la sensibilité. Réceptive par son rang, elle fait de cette disposition une qualité d’accueil.
On lui prête aussi l’intuition. La Reine de Coupes reçoit ce que les autres disent et ce qu’ils taisent ; elle comprend sans qu’on lui explique. Le mot « intuition » s’entend ici au sens ordinaire, une perception fine des personnes et des situations, et non une faculté de connaître l’avenir. La carte peut décrire une personne de confiance, celle à qui l’on parle facilement, ou une disposition à cultiver chez soi. Son revers possible, proposé comme piste, est celui de l’éponge : à force d’accueillir les émotions des autres, on en oublie les siennes. Dans une question amoureuse, elle invite à écouter avant de conclure, y compris ce que l’on ressent soi-même.
Roi de Coupes
Le Roi de Coupes est la figure de la maturité affective. L’autorité que lui donne son rang prend, avec les Coupes, la forme de la bienveillance.
Le Roi de Coupes sait ce qu’il ressent et peut en répondre ; il protège sans étouffer, soutient sans décider à la place des autres. Là où la Reine reçoit, le Roi agit à partir de ce qu’il ressent : il réconforte, apaise un différend familial, tient parole. La carte peut décrire une figure de soutien, ou une étape de la vie affective où l’on se sent plus solide. Elle ne désigne pas un partenaire idéal à venir. Une question l’accompagne : dans cette situation, que ferait la part de vous la plus calme et la plus bienveillante, envers vous comme envers les autres ?
Les 14 cartes de Coupes en un tableau
| Carte | Nombre ou rang | Piste de lecture | Dans une question sur un lien |
|---|---|---|---|
| As | Germe, élan initial | Ouverture du cœur, sentiment naissant | Ce que vous pouvez accueillir |
| 2 | Dualité, rencontre | Rencontre, attirance réciproque | Ce qui circule entre deux personnes |
| 3 | Premier fruit, élan spontané | Joie qui s’exprime, enthousiasme affectif | Ce qui se dit et se fête |
| 4 | Cadre, sécurité | Stabilité affective, foyer ; ombre : routine | Ce que l’on entretient, ou tient pour acquis |
| 5 | Ouverture, nouvel idéal | Nouvel idéal affectif, ou déception passagère selon les auteurs | L’écart entre l’idéal et la réalité |
| 6 | Harmonie, plaisir | Harmonie, plaisir partagé | Ce qui fonctionne déjà |
| 7 | Action, mouvement | Générosité, amour tourné vers les autres, imagination | Ce que l’on donne, et à qui |
| 8 | Plénitude, équilibre | Plénitude affective | Les ressources sur lesquelles s’appuyer |
| 9 | Maturité, bilan | Satisfaction, sérénité émotionnelle | Ce qui est acquis |
| 10 | Aboutissement, passage | Accomplissement affectif, passage à une autre étape | Ce que l’on veut faire de ce qui est construit |
| Valet | Apprentissage, message | Timidité, premiers émois, offre affective | Ce qui se présente timidement |
| Cavalier | Mouvement, mission | Déclaration, invitation, sentiment qui va vers l’autre | La manière d’offrir |
| Reine | Maîtrise intérieure, réceptivité | Écoute, sensibilité, intuition | Écouter avant de conclure |
| Roi | Maîtrise extérieure, autorité | Maturité affective, bienveillance | Une attitude calme et bienveillante |
Les Coupes dans une question amoureuse
Les Coupes sortent souvent dans les tirages sur l’amour, et c’est là qu’elles demandent le plus de soin. La tentation est de leur faire dire ce que l’autre ressent, s’il reviendra, si la relation durera. Aucune carte ne le peut. Un tirage éclaire la question de la personne qui tire : sa façon d’aimer, ce qu’elle attend, ce qu’elle peut faire. Il ne lit pas dans le cœur d’un tiers.
Ramener la question vers soi
La première étape consiste à reformuler. « Est-ce qu’il m’aime ? » devient « Qu’est-ce que j’attends de cette relation ? » ; « Va-t-elle revenir ? » devient « Qu’est-ce qui m’aiderait à avancer, qu’elle revienne ou non ? ». Ces questions semblent moins excitantes, mais donnent des lectures dont on peut se servir, parce qu’elles portent sur ce qui dépend de vous.
Lire les Coupes comme des états du lien
Dans ce cadre, l’As, le 2 et le 3 parlent de ce qui naît ; le 4 et le 5, de la durée et de l’idéal ; du 6 au 9, de formes de plénitude ; le 10, d’un accomplissement qui appelle une suite. Les figures décrivent des manières d’aimer : hésiter, proposer, écouter, soutenir.
Le choix lui-même relève plutôt d’un arcane majeur. L’Amoureux, arcane VI, montre un jeune homme entre deux femmes, sous un Cupidon qui le vise de sa flèche ; on y lit le choix, le lien affectif, et côté ombre le tiraillement. Quand il sort avec des Coupes, la lecture gagne en précision : un 2 de Coupes à ses côtés met l’accent sur la rencontre, un 4 de Coupes sur ce que l’on craint de quitter.
Un exemple en trois cartes
Une personne s’interroge sur une relation de quelques mois. Plutôt que « Est-ce la bonne personne ? », elle se demande « Qu’est-ce que je cherche dans cette relation ? » et tire trois cartes selon le schéma « Ce que je veux, ce qui me retient, ce qui peut m’aider », l’une des variantes du tirage en trois cartes. Sortent le 4 de Coupes, le Valet de Coupes et la Reine de Coupes.
Le 4 de Coupes, à la place de ce qu’elle veut, parle de stabilité et de foyer : le désir, peut-être, d’un lien sur lequel s’appuyer. Le Valet de Coupes, à la place de ce qui la retient, met en avant la timidité, un sentiment qu’elle n’ose pas encore exprimer. La Reine de Coupes, à la place de l’aide, invite à l’écoute, y compris de soi. Le tirage ne dit rien de ce que ressent l’autre personne. Il suggère une piste : dire plus clairement ce qu’elle attend, après avoir pris le temps de l’entendre elle-même.
Une question sur l’amour cache parfois une situation de peur : un partenaire qui contrôle, menace, humilie ou frappe. Le tarot n’a rien à dire sur ce terrain, et aucune carte n’a à vous donner la permission de vous protéger. Le 3919 répond aux victimes de violences conjugales ; en cas de danger immédiat, appelez le 17. Si un chagrin d’amour vous laisse sans ressort, parlez-en à un proche ou à un professionnel de santé, et en cas d’idées suicidaires, appelez le 3114.
Les Coupes et les autres couleurs
Dans un tirage du jeu complet, les voisines d’une carte de Coupes précisent comment le lien entre en jeu. À côté des Deniers, la couleur du concret et des ressources, une carte de Coupes ancre le sentiment dans la vie matérielle : un foyer à organiser, un projet commun qui demande des moyens, du temps passé ensemble. Près des Épées, le cœur et la pensée se répondent ou se contredisent ; un 2 de Coupes suivi d’un 5 d’Épées peut décrire une rencontre déjà discutée, débattue, remise en question. Avec les Bâtons, le sentiment rencontre le désir et l’élan : la carte de Coupes dit ce que l’on ressent, celle de Bâtons ce que l’on a envie d’en faire.
Un tirage où les Coupes dominent parle surtout de liens, même quand la question semblait porter sur autre chose. Deux arcanes majeurs prolongent la couleur par leur geste : Tempérance, arcane XIIII, fait passer un liquide d’un vase dans un autre, et la femme de L’Étoile verse une cruche dans l’eau, l’autre sur le sol. Près de ces lames, une carte de Coupes met l’accent sur l’échange et sur ce que l’on partage.
Sources
- Claude Burdel, Tarot de Marseille, 1751, Minneapolis Institute of Art, Coupes P.96.30.37 à 51 (notice de l’As), domaine public : source des images de cette page
- Tarot de Marseille, modèle Conver daté de 1760, référence des descriptions (Wikimedia Commons)
- Tarot de Marseille de Nicolas Conver, musée de Vendôme, notice de la base Joconde (ministère de la Culture)
- Morgan Library & Museum, Visconti-Sforza Tarot Cards, MS M.630 (en anglais)
- Jude Talbot, « Un tarot qui rebat les cartes », BnF, Chroniques n° 106, 2026 (tarots de Philippe Vachier et de Jean Noblet)































